En tant qu’amateur passionné de retrogaming, j’ai toujours rêvé de posséder une véritable borne d’arcade vintage. Pas une reproduction moderne, aussi bien conçue soit-elle, mais une authentique machine qui a vécu, qui a accueilli des centaines de joueurs dans les salles d’arcade du monde entier. C’est cette quête qui m’a mené vers l’acquisition de ma borne Sega NAOMI équipée du système NAOMI 2 et du jeu Virtua Striker 3.
La saga des bornes Sega NAOMI : Une révolution qui a duré près d’une décennie
Un peu d’histoire avant de passer à la présentation de ma borne à proprement parler.
Les origines : NAOMI 1 (1998-2001)
L’histoire des bornes NAOMI commence en 1998 avec le lancement du système NAOMI original (New Arcade Operation Machine Idea). Présenté officiellement lors du salon JAMMA de septembre 1998, le NAOMI était conçu comme le successeur du système Model 3, utilisant une architecture similaire à la Sega Dreamcast.
Le lancement fut plus discret que celui de la Dreamcast un an plus tard, mais le système « monopolisa l’attention » lors du salon JAMMA grâce aux nouveaux jeux présentés : The House of the Dead 2, Zombie Revenge et Dynamite Baseball ’98.
Le NAOMI original révolutionne l’industrie arcade par sa conception modulaire. Contrairement aux systèmes précédents comme le Model 3 où chaque jeu nécessitait une carte dédiée, le NAOMI utilisait des cartouches ROM interchangeables, permettant aux exploitants de changer facilement de jeu. Cette approche économique était cruciale à une époque où les salles d’arcade traditionnelles étaient en déclin.
Spécifications techniques NAOMI 1 :
- CPU Hitachi SH-4 32-bit RISC à 200 MHz
- GPU PowerVR2 (PVR2DC)
- 32 MB de RAM principale
- 16 MB de VRAM
- 8 MB de mémoire audio
- Processeur audio Yamaha AICA ARM7 à 45 MHz
L’évolution : NAOMI 2 (2000-2005)

En 2000, Sega dévoile le NAOMI 2 lors du salon JAMMA, une version considérablement améliorée qui arrive sur le marché en 2001 avec les premiers jeux. Cette évolution technique était nécessaire pour rivaliser avec l’émergence des consoles domestiques de nouvelle génération.
Le NAOMI 2 était significativement plus puissant que son prédécesseur, incluant une configuration dual CPU, un nouveau GPU T&L, un dual rasterizer GPU, une mémoire augmentée et une bande passante plus rapide. Yu Suzuki était directement impliqué dans son développement, insistant pour qu’il maintienne une performance d’au moins 10 millions de polygones par seconde avec tous les effets activés.
Spécifications techniques NAOMI 2 :
- 2x CPU Hitachi SH-4 32-bit RISC à 200 MHz
- GPU PowerVR2 CLX2 avec architecture dual rasterizer
- Coprocesseur géométrique VideoLogic Elan (T&L)
- 32 MB de RAM principale (doublée)
- 32 MB de VRAM (doublée)
- 16 MB de mémoire audio (quadruplée)
- Performance jusqu’à 10 millions de polygones/seconde
Variantes et évolutions de la gamme
Tout au long de leur existence, les bornes NAOMI ont connu plusieurs variantes :
Versions NAOMI 1 :
- NAOMI standard avec cartouches ROM
- NAOMI Multiboard (2-16 cartes connectées pour plus de puissance)
- NAOMI Satellite Terminal (cabinets indépendants connectés à un maître)
- NAOMI GD-ROM (utilisant les disques GD-ROM avec système DIMM)
Versions NAOMI 2 :
- NAOMI 2 standard, GD-ROM, et Satellite Terminal
- Rétrocompatibilité totale avec les jeux NAOMI originaux
Distribution mondiale et impact commercial
Déploiement international (1998-2005)
Contrairement aux systèmes précédents, le NAOMI était largement licencié à d’autres constructeurs, incluant d’anciens rivaux comme Capcom, Taito et Namco. Cette stratégie ouverte a permis une adoption mondiale massive :
- Japon : Marché principal avec la plus forte concentration
- États-Unis : Déploiement dans les Chuck E. Cheese et centres d’amusement
- Europe : Distribution via Sega Europe dans les principales salles d’arcade
- Asie-Pacifique : Corée du Sud, Australie, Hong Kong
- Amérique latine : Brésil et Argentine
Le système NAOMI et ses variantes représentaient les dernières cartes arcade propriétaires développées par Sega avant le passage aux architectures basées sur des plateformes existantes (PC, consoles).
Longévité exceptionnelle
Les bornes NAOMI ont bénéficié d’une longévité remarquable, avec un support de 1998 à 2009, soit plus d’une décennie de service. Même après l’arrêt de la production, des développeurs tiers ont continué à créer des jeux jusque dans les années 2000 tardives, comme Karous et Melty Blood: Actress Again.
Virtua Striker 3 : L’excellence du football arcade sur NAOMI 2
Le jeu phare de la plateforme
Virtua Striker 3, développé par Amusement Vision, est sorti en juillet 2001 et était l’un des titres de lancement du NAOMI 2. Le jeu avait été présenté lors du salon AOU (Arcade Operators Union) de février 2001.
Amusement Vision a utilisé pleinement les capacités de la NAOMI 2, offrant des graphismes magnifiques et une animation impressionnante, principale qualité des précédents volets de la série. Le jeu marquait un tournant dans la série Virtua Striker, exploitant la puissance du NAOMI 2 pour un réalisme sans précédent.
Innovations techniques
Virtua Striker 3 tirait parti du système NAOMI 2 GD-ROM pour offrir encore plus de réalisme grâce à une mise à jour graphique et des améliorations dans le contrôle des joueurs. Le jeu proposait 32 équipes nationales plus deux équipes cachées (FC SEGA et FC SONIC), avec des effets visuels impossibles à réaliser sur les systèmes précédents.
Mon acquisition : La quête de l’authenticité
La découverte sur les petites annonces
Ma quête d’une borne NAOMI authentique s’est concrétisée de façon inattendue. En parcourant un site de petites annonces en ligne, je suis tombé sur une annonce qui a fait battre mon cœur plus vite : une borne NAOMI 2 avec Virtua Striker 3, située à seulement 40 kilomètres de chez moi. Le vendeur était lui-même un passionné, ce qui me rassurait sur l’état et l’authenticité de la machine.
Le transport : Une aventure en monospace vintage

Le jour J, j’ai chargé mon monospace vintage – un Peugeot 806 – et j’ai pris la route avec un copain pour récupérer ma future borne. Une fois sur place, la réalité du poids s’est imposée : près de 100 kilos ! Il nous a fallu toute notre ingéniosité et notre force pour charger délicatement cette beauté dans le véhicule. Le trajet de retour s’est fait avec une prudence de conducteur d’œufs, chaque virage étant négocié avec la peur de voir bouger notre précieux chargement et tout s’est bien passé !
Deux ans dans l’ombre du sous-sol
Une fois à la maison, j’ai installé ma borne dans le sous-sol. Pendant près de deux ans, elle est restée là, dans cet espace dédié à mes autres machines et collections. Je descendais régulièrement pour quelques parties, mais il faut reconnaître que l’isolement du sous-sol limitait les sessions de jeu en famille ou entre amis.
L’intervention salvaitrice de ma femme
C’est finalement ma femme qui a eu la meilleure idée. Voyant que je ne profitais pas pleinement de ma borne dans le sous-sol, elle m’a suggéré de la monter au salon. « Si tu ne vas pas à la borne, que la borne vienne à toi ! » m’a-t-elle dit avec malice. Cette décision a complètement transformé mon expérience : désormais, la borne fait partie intégrante de notre salon, accueillant famille et amis pour des sessions mémorables.
Pourquoi l’authenticité compte
Pour moi, le retrogaming ne se limite pas à jouer aux anciens jeux – c’est une expérience complète qui inclut le matériel d’époque, les sensations tactiles, les sons mécaniques, et même les petites imperfections qui témoignent du passage du temps et de l’usage.
Quand j’ai allumé ma borne pour la première fois, entendant le bip caractéristique du BIOS NAOMI suivi du splash screen de Virtua Striker 3, j’ai ressenti une émotion particulière. Cette machine avait une histoire, elle avait diverti des centaines de joueurs avant moi. Chaque rayure sur le châssis, chaque léger jaunissement du plastique raconte une histoire.
C’est cette authenticité qui fait toute la différence avec une borne neuve ou une émulation. Jouer sur le matériel d’origine, avec ses spécificités techniques, ses timing précis, ses petites particularités, c’est revivre l’expérience telle qu’elle était conçue pour être vécue.
Un investissement dans l’histoire
Posséder une borne NAOMI 2 avec Virtua Striker 3, c’est détenir un morceau de l’histoire du jeu vidéo. C’est un système qui a marqué la transition entre deux époques : la fin des systèmes arcade propriétaires et l’avènement des architectures standardisées.
Ma borne NAOMI trône désormais dans mon salon, véritable centre d’attraction pour les sessions de jeu en famille et entre amis. Et à chaque fois que j’entends les encouragements de la foule et le sifflet de l’arbitre de Virtua Striker 3, je me rappelle pourquoi j’ai entrepris cette quête : pour préserver et faire vivre l’âge d’or de l’arcade, dans toute son authenticité vintage.
Projet de modification : Étendre les possibilités tout en préservant l’authenticité
L’ajout d’un PC embarqué pour l’émulation
Bien que ma borne NAOMI 2 avec Virtua Striker 3 soit déjà parfaite en l’état, je caresse un projet d’amélioration qui me permettrait de profiter pleinement du hardware de cette magnifique machine : l’intégration d’un PC à l’intérieur de la borne.
Cette modification permettrait de transformer ma borne en véritable station d’arcade universelle grâce à l’émulation. Je pourrais ainsi jouer à l’ensemble de la bibliothèque NAOMI et NAOMI 2, mais aussi explorer d’autres systèmes d’arcade légendaires : CPS1, CPS2, Neo Geo MVS, ou encore les systèmes Sega plus anciens. L’écran d’origine, les contrôles authentiques et l’ambiance de la vraie borne d’arcade seraient préservés, mais avec un accès à des milliers de jeux.
Un nouveau panel de contrôle personnalisé

Pour accompagner cette évolution, j’ai déjà recréé un nouveau panel de contrôle dans le même style que l’original. Ce panel custom dispose de 2 fois 6 boutons, soit 12 boutons au total, permettant de jouer confortablement à tous les types de jeux d’arcade : des beat’em up aux jeux de combat, en passant par les shoot’em up et les puzzle games.

Cette configuration 2×6 boutons est un compromis parfait qui respecte l’esthétique des panels d’arcade classiques tout en offrant la polyvalence nécessaire pour les jeux les plus exigeants en termes de contrôles.

Modifications réversibles : Le respect de l’original

Le point le plus important de ce projet, c’est que toutes les modifications sont entièrement réversibles. Le système NAOMI 2 original reste intact et peut être remis en fonctionnement à tout moment. Le panel original est conservé précieusement et peut reprendre sa place en quelques minutes.
Cette approche respecte ma philosophie du retrogaming authentique : améliorer l’expérience sans jamais dénaturer ou détruire l’original. C’est un équilibre délicat entre modernité et préservation du patrimoine vidéoludique.
Le meilleur des deux mondes
Ce projet représente pour moi l’aboutissement parfait : conserver l’âme et l’authenticité d’une vraie borne d’arcade vintage tout en étendant ses possibilités à l’infini grâce aux technologies modernes. C’est une façon de faire vivre cette machine au-delà de sa fonction originale, tout en gardant intact son héritage historique.
Bientôt, ma borne NAOMI pourra accueillir aussi bien une partie de Virtua Striker 3 sur son système d’origine qu’une session de Street Fighter III: Third Strike ou de Metal Slug 3, le tout dans le respect de l’expérience arcade authentique que seule une vraie borne peut offrir.